No more Natalie

28 novembre 1981. Le yacht de l’acteur Robert Wagner s’élance dans la baie de Los Angeles. Natalie Wood, sa femme, est à bord, ainsi que la belle gueule de Christopher Walken, et une cargaison illicite – dix kilos de cocaïne et 250.000 dollars en liquide – que Wagner devra rendre, bien entendu. Mais rien n’est simple à Hollywood et la trahison rôde.


Mon avis : 

nomorenatalieNatalie Wood, aussi connue sous le nom de Natasha Gurdin, est une actrice américaine, née le 20 juillet 1938 à San Francisco. Elle est notamment connue pour son rôle dans la comédie musicale West Side Story. Sa carrière prend fin brutalement le 29 novembre 1981, lorsqu’elle est retrouvée noyée près de l’île californienne de Santa Catalina, où elle passait Thanksgiving. Au moment de sa mort, elle tournait le film de science-fiction Brainstorm. Les circonstances de sa mort demeurent floues. Wood et son mari Robert Wagner, ainsi que l’acteur Christopher Walken  (et sans doute son amant), retournent vers 22 h 30 sur le yacht Splendor avec le capitaine du bateau Dennis Davern, autre amant de Wood. Mais les témoignages ne concordent pas sur tous les points. Après une soirée très arrosée, sa disparition est signalée à la sécurité maritime à 1 h 15 du matin. Un hélicoptère retrouve son corps à 7 h 44 du matin : noyée à deux kilomètres du bateau.

No more Natalie revient sur ce tragique événement en mettant en scène une des versions possibles. Robert Wagner est un homme dont la carrière est finie, avec des dettes à rembourser et souffrant d’impuissance (ce qui nuit à son couple). Pour se relever financièrement, il deal pour le compte d’un certain Droop Sr. Et s’apitoie sur son sort en se prenant quelques rails lui-même. Personnage bien sombre mais on pourrait par moments avoir de la compassion pour cet homme malmené par ses « amis ». Christopher Walken, à qui tout souris à ce moment-là, est le parfait Américain, grand, beau, riche… et qui le sait ! Ne touchant pas à la drogue, il propose à Wagner de planquer sa cocaïne et son quart de millions dans son yacht (plan machiavélique ou par altruisme?). Sans se cacher, il flirte, allume, et s’adonne à des rapports sexuels devant Wagner avec la femme de se dernier. Auprès de ce charmant trio (tandis que le capitaine Dennis Davern, mais également l’homme de main à la morale douteuse de Wagner) s’est invitée Marylin, une femme pulpeuse présente pour s’amuser avec les passagers.

On découvre alors dans un premier temps les travers de la vie hollywoodienne. Au large des côtés de l’île californienne de Santa Catalina, tous les ingrédients sont réunis : alcool, drogue et sexe.


Je laissai courir mes doigts sur les billets verts, fantasmant un instant sur la manière d’extorquer ces deux cent cinquante mille dollars à Droop Sr sans finir en nourriture pour poisson dans la baie de L.A. Je […] prélevai cinq grammes de poudre et remis le panneau en place. 
Quand je ressortis, Natalie était ivre ou feignait de l’être et Ronnie s’était lancé dans un numéro d’équilibriste sur le parapet. Marylin poussait de grands cris, ce qui avait le don de l’encourager.
Je jetai les sachets sur la table basse.
Cinq minutes plus tard, tout ce joli monde avait des étoiles pleins les eux, y compris Ronnie qui n’avait pourtant pas touché à la drogue. Le regard fixe, Natalie se laissait peloter gentiment sur la banquette. Marylin riait aux éclats sans parvenir à se maîtriser. Les pans de sa robe au-dessus des hanches, révélant une culotte des plu sexy sur laquelle je bloquais, sans parvenir à bander, mais Ronnie, chauffé à blanc par le whisky, ne lâchait pas l’affaire.


Puis l’histoire devient aussi confuse que Wagner, alors bien atteint par les rails et l’alcool. Vol, mensonges, trahison, agression… et arrive ce qui doit arriver : le meurtre confus de Natalie Wood.

La lecture est facile. Sans vraiment de suspens, Marin Ledun parvient subtilement à nous plonger dans une atmosphère malsaine, nauséabonde. L’action est rapide, sans sujets et détails superflus. On suit les actions de Wagner (avec beaucoup plus de lucidité que lui), on ressent sa douleur, sa frustration et sa colère haineuse. Ce n’est habituellement pas mon genre de lecture privilégiée mais j’ai tout de même apprécié tant le style d’écriture soit agréable.

Retrouvez No more Natalie ici !

Né en 1975, Marin Ledun a déjà publié une douzaine de romans, dont Dans le ventre des mères, Les visages écrasés et La Guerre des Vanités, et écrit des pièces radiophoniques pour France Culture. Docteur en sciences de l’information et de la communication, il a également co-écrit des essais, dont Pendant qu’ils comptent les morts (2010) et La vie marchandise (2013). Repéré dès ses débuts par la critique et ayant fédéré un lectorat populaire, il est considéré comme l’une des voix les plus prometteuses du polar français.

No more Natalie, Marin Ledun, Les Editions in8, 2013 (85 pages)

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