Des nœuds d’acier

La prison n’avait pas réussi à le briser. Ces deux vieillard retirés du monde vont-ils parvenir?
Avril 2001. Dans la cave d’une ferme miteuse, au creux d’une vallée isolée couverte d’une forêt noire et dense, un homme est enchaîné. Il s’appelle Théo, il a quarante ans, il la été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave.
Comment Théo a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence? Il ‘a pourtant rien d’une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l’ont piégé au fond des vois. Les ennuis, il en vu d’autres. Alors, allongé contre les pierres suitantes de la cave, batu, privé d’eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d’échapper à ses geôliers. Mais qui pourrait sortir de ce huis clos sauvage d’où toute humanité a disparu? 


Mon avis : 

des-noeuds-dacierNovembre 2002. Un médecin nous invite à prendre place dans un fauteuil. Petit conseil de vous à moi, installez-vous bien. L’histoire qu’il va vous raconter est issue d’un carnet de notes de l’un de ses patients. Une histoire vraisemblable et singulière.

Début de l’année 2001. Théo. Un homme a la quarantaine qui n’a pas affligé son corps. Viril, athlétique, il peut être brutal. Théo, il sort de prison. Dix-neuf mois auparavant, il rentrait chez lui pour assister à sa décente aux enfers. Théo est marié à Lil. Cette dernière a une relation extraconjugale avec Max, le frère de Théo. Visiblement alcoolisés, tous trois se disputent. Sans trop comprendre le comment du pourquoi, l’altercation opposant les frères finit dans un drame : Max est aujourd’hui paraplégique, Théo sort de prison.

A sa sortie, même si Théo se réjouit de l’état de son frère qui ne mérite que ce qu’il après tout, on sent une certaine remise en question. Entre désaccord et remord. Comme s’il s’en voulait de s’être emporté aussi violemment. Car après tout, il aime Lil. Mais ce jour-là, il lui a montré le pire de lui-même. Alors comme pour se ressourcer, se retrouver, faire le point, il décide de partir au volant de sa BMW loin. Loin du bruit de la ville, de ses agressions. Il cherche un coin calme. Et se retrouve dans une maison d’hôte. Le réseau ne passe pas et bien peu de gens semblent connaître l’endroit. La gérante, Mme Mignon, le traite comme son fils. Théo part souvent toute la journée en randonnée. Ça lui fait du bien. Mais un jour, alors qu’il part dans un coin réputé pour sa beauté, il est fait prisonnier par deux fous.


Je voyais la cave, je voyais la terre, l’escalier au fond qui remontait vers la maison. Luc continuait à me regarder. Je l’ai entendu marmonner quelque chose de pas sympa, un comme « Et t’es content, ducon? » et je me suis tu. Je l’ai découvert, un drôle de vieux type avec l’ai  bien fou, son visage terriblement maigre, sa barbe grise, hirsute, ses vêtements déchirés. Il ma souri et j’ai vu les dents qui lui manquaient.
Il a dit :

  • Bienvenue en enfer.

Et c’est bien l’enfer qu’il va connaître auprès de ses tortionnaires : Joshua et Basile. Tous deux sont frères. Bien qu’ils semblent aussi fous l’un que l’autre, Basile domine nettement par sa violence et son impulsivité Joshua. Théo connaît bien cet échange fraternel. Max était pareil avec lui, à le violenter et le commander. La relation Joshua/Basile pourrait-elle finir comme celle entre Max et Théo?

Ce dernier l’espère. Car les deux vieux ont décidé qu’il serait leur esclave. On assiste alors à la longue descente aux enfers de Théo. Enchaîné à un mur de la cave la nuit, il est aux travaux forcés la journée, les pieds enchaînés. Chaque jour qui passe, le chien des vieux perd de son humanité. Que devient-on lorsque la dignité est tout ce qui fait de nous d’humain nous abandonne?


Nous savons dorénavant, et eux et moi, que je ne chercherai plus à m’enfui. Tout ce qui m’est arrivé depuis que je suis ici a brisé ce qu’il y avait en moi de force, de volonté  et de liberté. Les petits espoirs que j’ai eus deux ou trois fois ont été fracassés. Chaque matin ma tête s’éveille vide et blanche, comme s’il n’y avait plus rien moi. Jamais le lien entre le corps et l’esprit ne m’était apparu avec autant de force, jamais je n’aurais cru qu’il suffisait d’anéantir le premier pour que le second s’éteigne lui aussi.


La lecture de ce roman se fait assez facilement (je l’ai lu en une journée tellement j’ai accroché). Les scènes d’esclavagismes ne sont pas traitées de manière brute et sordide. Certes, on ressent remarquablement toute l’angoisse et les peurs de Théo, mais on ne tombe pas dans des descriptions macabres. La fin quant à elle, il ne pouvait y en avoir d’autre. Des nœuds d’acier met clairement en avant l’importance de nos libertés et notre côté humain, côtoyant parfois celui plus bestial de certain de notre espèce.

Retrouvez Des nœuds d’acier ici !

Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage sa vie entre l’université de Nanterre et son élevage de chevaux dans le Morvan. Des nœuds d’acier est son premier roman.

Des nœuds d’acier, Sandrine Collette, Denoël, 2013 (265 pages)

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