Les canards en plastique attaquent !

Rien ne va plus à Glasgow, depuis qu’un mystérieux américain, Gabriel Lafayette, a débarqué en ville. Dès qu’il se trouve quelque part, des événements étranges se produisent, les lumières s’éteignent, des bruits et des voix se font entendre, surgis de nulle part. Devant es auditoires médusés, Lafayette multiplie les prodiges, devine le passé des vivants et donne la parole aux morts. Phénomènes inexplicables? La question divise jusque dans les amphis de la prestigieuse université Kelvin où les dons de Lafayette doivent être soumis à des expériences en laboratoire afin que soit balayé tout soupçon d’escroquerie.
Jack Parlabane, journaliste célèbre mais surtout fouille-merde, patenté, que des étudiant facétieux viennent d’élire au poste honorifique -mais fort réel- de doyen de l’Université, est pour sa part persuadé que Lafayette est un arnaqueur de génie, sinon un dangereux criminel. D’ailleurs dès qu’il se penche sur la question, les cadavres se mettent à pleuvoir – mais qui a dit que les morts ne pouvaient pas parler ?


Mon avis :

Bien qu’à première vue ce ne soit pas flagrant, je vous assure que c’est bien un roman policier. Pourquoi mon choix s’est porté sur ce roman policier : clairement à cause du titre et de la couverture ! Et autant vous dire que ce fut une agréable surprise.

L’histoire. Car le titre ne va pas aider. Sauf si vous êtes très doués en citation. L’histoire n’a rien de nouveau, et est en soi du déjà vu. Le combat entre le monde médiumnique qui veut faire reconnaître son existence par des preuves scientifiques et celui des sciences qui affirme qu’il s’agit là plus de charlatans que de personnes douées de pouvoirs surnaturels (vous ne voyez toujours pas le rapport avec les canards en plastique… voyons !)

Ce que j’ai bien apprécié en revanche, c’est comment s’articule l’histoire. Jack Parlabane, doyen de l’université où des événements étranges vont se produire est mort alors qu’il enquêtait sur les travaux d’Easy Mather et de Gabriel Lafayette. Autour de ce dernier s’est monté un drôle d’univers. Des lumières vacillent à son passage, des machines se détraquent, des morts parlent à son approche… et des cadavres apparaissent. Ce sont ses différents cadavres qui vont nous raconter leurs histoires (non, il n’y a toujours pas de canards en vue, même dans les cadavres !). Successivement et de manière interposée, nous découvrons des personnalités très différentes et attachantes.

canards

Jack Parlabane, un doyen, journaliste, fouille-merde et d’un humour bien gras et lourd  comme on n’aime.


« Ne t’inquiète pas, dis-je. Ces trucs basculent tout seuls. Regarde, je vais te montrer… »

Question : quelle est la dernière chose qui traverse le cerveau d’une mouche lorsqu’elle s’écrase sur un pare-brise lancé à cent kilomètres-heure? Réponse : son trou de balle.


Sa femme, sérieuse, aimante, est celle qui porte la culotte à la maison. Michael Loftus, un jeune étudiant doué pour évaluer et découvrir les supercheries, mais d’une timidité débordante. Laura Bailey dont le passé douloureux va la rapprocher de Michael. Et Jilian Noble, une journaliste prête à gober n’importe quoi du moment que ça peut lui faire faire un scoop. (Et non… toujours pas de canards !)

On traverse ainsi l’histoire à travers différents regards avec le talent de Brookmyre qui manie très bien ses personnages. Tandis que certains mettront en avant l’authenticité des pouvoirs parasypchique de Lafayette, les autres se battront pour trouver les supercheries auxquelles se livre cet imposteur.

La seconde dimension du roman est aussi intéressante puisqu’elle relance le débat sur le créationnisme. Ainsi, bien plus qu’une histoire de pouvoir, se pose la question d’un autre monde, d’une dimension parallèle, et donc de manière inéluctable, on en arrive à l’existence des religions.


La science et la religion ne sont pas aussi éloignées l’une de l’autre que voudraient nous le faire croire les purs et durs des deux camps. Le travail que nous menons explorera des domaines qui peuvent finir par aboutir à une réconciliation de la science et de la religion.


Mêlant humour tonitruant et réflexion sur des sujets sociaux d’actualités, Les canards en plastique attaquent ! est un roman à découvrir. Jusqu’à la fin, vous serez surpris avec un suspens constant. Allez, je finirai par cette histoire de canard tout de même : on apprend trop tôt pour moi pourquoi le roman est orné de cet animal jaune, mais le titre est aussi original que l’oeuvre.

Retrouvez Les canards en plastique attaquent ! ici !

Christopher Brookmyre est né en 1968 en Ecosse. Il se consacre à l’écriture de polars décapants mêlant critique sociale et humour. Maintes fois primé, il est l’auteur de onze romans. Les canards en plastique attaquent ! est son premier titre publié chez Denoël.

Les canards en plastique attaquent !, Christopher Brookmyre, Denoël, 2009 (430 pages)

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