Akhänguetnö et sa bande

Il y a deux mille cinq cents ans, la vallée d’Uroch voyait s’éteindre l’un des plus puissants pharaons de l’Histoire. Reposant dans son tombeau, accompagné de la montagne d’or ayant fait sa légende, le grand Akhänguentö était prêt pour cette éternité qui s’offrait à lui, bien décidé à ce la couler peinard. Deux mille cinq cents ans plus tard, sur les hauteurs de Saint-Maur, un autre grand homme s’apprêtait à passer une nuit tranquille. Tonton, baron de premier rang et truand légendaire, dormait de ce sommeil léger propre aux grands esprits, lui aussi bien décidé à se la couler peinard. Mais quel est le rapport entre ces deux histoires? Attend, j’y arrive. Avant cette fameuse nuit, Tonton n’avait jamais entendu parler d’Akhänguetnö. Mais il a décidé de se mettre sacrément à niveau et de devenir incollable sur l’Egypte et son folklore. Tout ça pour répondre à la plus mystérieuse question de tous les temps : comment peut-on se retrouver avec un pharaon dans son jardin?


Mon avis :

akhanguentnoetsabande

Ce roman est tout simplement un nouveau gros coup de cœur ! Je l’ai choisi (une fois n’est pas coutume) à l’aveugle. Dans un premier temps, c’est sa couverture qui m’a intrigué : une momie qui court après ce qui semble être une bande de mafieux ; et cette silhouette à la Hitchcock. Puis vint le titre que je défie à quiconque de prononcer du premier coup. Enfin la quatrième de couverture a fini de me convaincre. Et que j’ai bien fait !

Samuel Sutra nous propose de nouvelles aventures de la bande à Tonton (et oui… étant à l’aveugle je viens d’apprendre qu’il existe cinq titres de cette série). Il s’agit d’un roman policier. Vous avez Tonton, le parrain d’une bande de mafieux qui compte quatre membres. Alors qu’une nuit paisible notre Tonton parvient à dormir d’un œil et trois quarts, le voilà victime d’un cambriolage dans sa propriété, sous sa fenêtre. Trois individus tout de noir vêtu, déterrent un mystérieux coffre de dessous un parterre de fleurs de feu le papa de Tonton. Ce dernier se trouve face à un problème : il ne sait pas ce qu’on a bien pu lui dérober puisqu’il n’a rien caché à cet endroit ! Mais trouvant honteux de le voler à lui, le voilà mener son enquête, accompagné de ses hommes. Il finit par ne plus rien comprendre : on lui aurait dérobé un sarcophage d’un pharaon que son père aurait enterré là de son vivant !

Le roman est une perle sur plusieurs points. Tout d’abord, un humour décalé est présent à chaque page ! Un petit exemple pour être plus percutant, je vous invite à vous rapprocher du second titre de ce roman : « Tonton, la momie, et Seth, et Ra » ! L’histoire déjà pas banale est rythmée par des scènes déjantées, un vocabulaire mafieux né d’un jargon risible et de personnage voyous attachants.

Tonton. Le parrain par excellence. Il ne supporte pas les accrocs dans ses plans et les feignasses. Si on le contrarie, il défunte, il plombe, il défouraille. L’argent passe avant toute chose ! Sauf peut être la famille (ou pas). Car si Tonton est le stéréotype du parrain, il est également un père pour ses hommes. Il ne manque pas de faire un gros câlin à l’un de ses gars si celui-ci se met à pleurer. Et malgré tout, il est droit dans ses affaires.


« Y’a pas de justice. Je tue un flic, je vais en taule. Un flic me tue, je vais au cimetière. C’est toujours le truand qui trinque. » Tonton


Gérard. Le second de Tonton. Et comme tout bon second, il tente de lécher les bottes du patron tant bien que mal en prenant des initiatives. Mais bien malgré lui, ses initiatives sont souvent vouées à l’échec, mettant son patron plus dans l’embarras qu’autre chose. Gérard, c’est aussi le mafieux qui croit être le pire caïd de la bande. Heureusement pour le reste du groupe, il est le seul à le penser. Mais c’est aussi un homme qui tient à son neveu, le dernier membre de sa famille.


« Y’a deux endroits où je me sens bien. Chez moi, et chez les autres. » Gérard


Pierre. Pierre est le neveu de Gérard. Il est aussi le plus benêt de la bande. Il en est la dernière recrue. Il est timide, peureux et trop honnête pour être un truand. Il enchaîne les idées sottes mais est quelqu’un de loyal.


-Et du mort, on en fait ? On appelle la police? […]
-Pierre, regarde un peu, continua Tonton. Le mort. Le trou. La pelle… à ton avis ?[…]
-Je sais ! s’enthousiasma Pierre. On l’emmène et on l’enterre dans les bois !


Bruno.  Celui-là c’est du lourd. C’est la brute de la bande. Connu sous le nom du Zébré pour avoir pris un coup de soleil en prison à travers les barreaux de sa cellule. Bruno c’est l’homme de main par excellence. Mais s’il paraît à première vue le gorille du groupe, il n’en reste pas moins attaché à ses camarades et plein de philosophie.


« La politique est à la truande ce que le maquillage est à la femme laide. » Bruno


Mamour. Le dernier de la bande. Lui c’est la tête pensante. Malvoyant, Mamour est le cerveau de l’équipe qui discerne tout, pose les bonnes questions et est prévoyant. Il aime aussi philosopher sur la vie et ne manque pas de partager ses idées en pleine action.


« Passé un certain âge, quand on a enterré tous ses potes mais qu’on est encore en vie, on doit quand même se demander ce qu’on a bien pu faire de mal. » Mamour


En résumé, ce roman est une pépite pour moi. La lecture est très simple. Le vocabulaire des truands est à mourir de rire. Il finit de nous plonger dans un univers alambiqué de part l’histoire déjà cocasse. Les personnages, bien que de terrible mafieux qui n’hésite pas à tuer et à cacher les corps dans un jardin, sont très attachants par leur humanité. Le seul regret est que ce roman ne fasse que cent soixante-douze pages.

Retrouvez Akhänguetnö et sa bande ici !

Après des études en Histoire de l’Art, il a obtenu une maîtrise de philosophie à la Sorbonne Paris IV. Il a été publié par les éditions Terriciae, puis Sirius, et aujourd’hui par les éditions Flamant Noir lesquelles, après avoir publié « Le Bazar et la Nécessité », ont racheté les droits de ses précédents livres, notamment sa série Tonton. Il vit aujourd’hui dans le Sud-Ouest, adore le jazz, la philosophie et le chili con carne…

Akhänguetnö et sa bande, Samuel Sutra, Flamant Noir, 2015 (172 pages)

4 commentaires sur « Akhänguetnö et sa bande »

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