My Way

Alors qu’il a tourné avec les plus grands, Jean-Paul Arlan n’est plus l’acteur mythique que le public idolâtré. Les bons films se font désormais sans lui. Pour se relancer, il imagine un énorme projet, un film à grand spectacle, très ambitieux, dans lequel il incarnera un flic aux mains propres, un justicier solitaire. Mais pour produire un long métrage de cette ampleur, ses quelques millions d’apport personnel ne seront pas suffisants. Il active donc ses liens amicaux avec de grandes figures du milieu et en particulier  la famille Mat.


Mon avis : 

My Way est un roman policier hors catégorie pour moi. Ce n’est pas un roman où vous participerez à une enquête. Ce n’est pas non plus un roman avec de nombreux meurtres. Ni un fait réel. My Way est un roman biographique d’un personnage fictif qui permet à ce dernier de dresser un bien triste bilan de sa vie.

Jean-Paul Arlan est un acteur qui a connu le succès lorsque des grands comme Belmondo ou un certain Delon commencent à briller sur le grand écran. Oui mais voilà, Arlan n’a fait qu’un bon film. Depuis, aucun producteur ne veut de lui. Alors il va produire ses propres films dans lesquels il est l’acteur principal. Mais ce sont tous des flops. Pourquoi? Il incarne un policier à chaque fois. Un flic justicier au parcours irréprochable. Paradoxe. Car Arlan ne l’est pas. Il magouille avec quelques familles mafieuses pour se donner un style. Celui du caïd BCBG. Dans les années 2000, il n’est plus rien. Son fils Jérémy, lui, a percé un peu dans le cinéma, et a suivi la voie de son père envers qui il voue une haine particulière. Arlan n’a jamais voulu de son fils et il sait lui faire comprendre. Mais voilà, Jérémy a tenté de magouiller et a fait perdre 300 000 biftons à l’un des contacts de la pègre de son père. Ce dernier saisi l’opportunité pour à la fois rembourser et se remettre sur le devant de la scène : il va produire un dernier film, subventionné par l’argent de la mafia. Un blanchiment d’argent qui va lui faire le tour du monde, la clef du succès de son film.

J’ai beaucoup aimé le personnage Arlan. Assis au bar en train de dresser le bilan de sa vie, il prend conscience de qui il est vraiment : un acteur médiocre qui aurait dû se retirer le jour de sa gloire, un égocentrique qui a raté de belles occasions dans sa vie en empruntant de mauvais chemins.myway1


De vant moi se tenait ce que le monde a créé de plus célèbre. Et ce parterre de stars, éclaboussant la salle des éclats de leur diamants, ne regardait qu’une chose ; moi, Moi, MOi, MOI, MÔAAAAAaaa ! Lorsque le piano a lancé les premières notes, j’ai su que j’avais attendu cet instant toute ma vie.


Mais à part Arlan qui par moments peut nous faire rire, il manque un petit quelque chose à ce roman. Sans doute cette petite dose d’humour qui aurait fini d’habiller l’idée conductrice de l’histoire. Le début est un peu chaotique. Une succession de personnage nous est présentée, sans savoir pourquoi. Puis quelques chapitres passés, on parvient à attraper une corde qui nous ramène sur le chemin de l’histoire. Dans l’ensemble bien écrit, j’ai eu du mal à m’arrêter pour faire une petite pause. On est alors principalement dans la peau de Arlan qui tente tout pour se libérer de la réputation de looser qui lui colle à la peau.

Au début j’ai eu un doute, mais à force de lire, il est clair que Sébastien Gendron s’est inspiré de la vie de Frank Sinatra pour son personnage de Arlan. Acteur, ses liens avec la mafia, et surtout le titre du roman, My Way, une des chansons les plus connues du chanteur. Le petit plus du roman que j’apprécie beaucoup dans ce genre, ce sont les coupures de presse de journaux connus entre les chapitres, donnant une dimension réelle au livre. Accru par les précisions du monde du cinéma que Sébastien Gendron connaît très bien. On apprend finalement que le monde de la mafia et celui du cinéma est parfois similaire tant ils sont animés par les mêmes dessins.

Sans être un grand roman (pour moi), je le recommande tout de même pour le style d’écriture de cet auteur. Pour être plus parlant, si vous l’avez déjà lu, je rapprocherai ce roman à celui de Marin Ledun, No more Natalie.

Retrouvez My Way ici !

Tour à tour livreur de pizzas, manœuvre, télévendeur de listes de mariage, Sébastien Gendron devient assistant réalisateur à 26 ans, réalisateur à 32 avant de trouver un éditeur à 33 qui publie son premier roman La jeune fille et le cachalot. Suivront un recueil de nouvelles et sept autres romans. A noter que My Way est une version revue et corrigée du roman Mes Amis Mortels paru en 2008 et qu’il fait partie de la série ‘’Mat/Sperone’’ (Tome n°2) des Editions du Toucan.

My Way, Sébastien Gendron, Toucan noir, 2008 (251 pages)

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