Y a pas de héros dans ma famille !

Avant, Maurice Dambek et Mo s’entendaient super bien. Avant, j’étais heureux, ma vie gambadait légèrement entre le monde de l’école et celui de la maison. A l’école : on se tient bien, on parle comme dans les livres, on entend une mouche voler et il ne faut jamais oublier les « Merci » et les « S’il vous plaît ». A la maison, ça parle fort, ça hurle du dedans et du dehors, ça dit des gros mots. Mais voilà, Hippolyte Castant s’est pointé et tout s’est effondré. Tout à coup, mes deux vies ne se sont plus mélangées. Mo et Maurice Dambek ne pouvaient plus se saquer. Et vu que les deux c’est moi, c’était horrible. 


Mon avis : 

Je vais commencer cet article par une petite anecdote (#jeracontemaviemaiscestpasgrave). Un vendredi matin relativement banal s’annonçait. Temps maussade, pas spécialement envie de bouger. Décor planté, j’ouvre ma boîte aux lettres et là : SURPRISE ! Un feu d’artifice explose, des cotillons, une fanfare… Bon, vous l’aurez compris, j’ai explosé de joie quand j’ai découvert un SP venant de l’une de mes maisons d’édition fétiche (Actes Sud Junior) et de mon auteure jeunesse number one : Jo Witek ! Sans plus attendre, partons à la découverte de ce nouveau roman hors collection annoncé à partir de 9 ans.

9782330072476Le livre en lui-même est un petit roman de 133 pages. La première de couverture, glacée comme j’adore, est très simple mais déjà très parlante. On y voit ainsi Mo dans sa baignoire en train de lire surplombant ce titre accrocheur. Un dessin épuré avec des couleurs vives, réalisé par Olivier Tallec, qui donne envie de se saisir du livre. Saisissons-le alors !

Jo Witek nous présente Maurice Dambek, le petit dernier de dix ans d’une famille polonaise modeste. A la maison, c’est Mo, mais aussi Tit’tête ou Bouffon à lunettes. Chez lui, on parle fort, on emploie un langage familier parfois très cru, et l’on se retrouve facilement à table avec les parents, les cousins, les amis des cousins, la tante,… A l’école, il est Maurice. Un jeune garçon brillant à l’école, mais qui peine à nouer des relations. Il a pour seul véritable copain Hippolyte. Mo pense depuis toujours que tous les petits garçons ont la même vie que lui. Deux vies. Une à la maison et une à l’école. Mais quand son univers familial va rencontrer celui de son copain, tout va basculer. Car Hippolyte est issu d’une famille différente de la sienne. Chez lui, on parle tranquillement, on emploie un langage commun parfois soutenu, et l’on se retrouve à table entre parents et enfants. De plus, la lignée de sa famille ne compte plus les réussites professionnelles : un prix nobel, un médecin humanitaire, un écrivain et un acteur de la Comédie-Française ! Chez Mo, pas de héros ! Quelle honte !

Jo Witek s’attaque aux stéréotypes sociaux dans ce nouveau roman familial. Bien que ce genre d’histoire a été traité de nombreuses fois, j’ai beaucoup apprécié son interprétation. Alliant humour, rebondissement inattendu et des personnages attachants, j’ai été pris de compassion pour Maurice. Alors avec lui, j’ai cherché à comprendre. En réalité, à mesure que l’on avance à ses côtés, on prend conscience que la véritable valeur des gens n’est pas nécessairement dans leur réussite professionnelle, mais dans leurs actes. Et que d’où l’on vienne, des héros se cache parmi nous.

Titi par exemple, le grand frère de Maurice, est un jeune adulte en échec scolaire. Il passe son temps à frimer à grande vitesse avec sa voiture, la clope au bec et à se battre (stéréotype du véritable wesh-wesh de la cité). Mais quand Mo va avoir besoin de lui, Titi va faire preuve de sang-froid et rétablir la situation sans violence et le plus humainement possible. Bien qu’il ne le voie pas comme tel, Maurice va également découvrir qu’être une femme au foyer comme sa mère est un travail à part entière. S’occuper d’une famille nombreuse au détriment de ses propres ambitions est du ressort d’une héroïne. Enfin, trouver sa place au sein de la société et de sa famille, c’est aussi s’interroger sur les membres disparus. Là encore, une agréable surprise l’attend au travers de sa généalogie.

La plume de Jo Witek est toujours aussi agréable à lire. Très facile à se plonger dedans, le livre est, en effet, abordable dès neuf ans. Les plus jeunes pourront ainsi apprendre que même si nous sommes issus d’univers différents, que les gens ont des vies différentes, il est du ressort de chacun de devenir le héros que nous voulons, et que la palette des héros est grande. Pour les plus grands, ce roman est un apport intéressant pour comprendre la vision d’un enfant de dix ans face au monde.

Merci à Actes Sud et à Jo Witek pour cette découverte intéressante.

Retrouvez Y a pas de héros dans ma famille ! ici !

Au départ comédienne, Jo Witek se dirige assez vite vers l’écriture. D’abord pour le cinéma, en tant que scénariste et lectrice, puis pour la presse écrite et la littérature. Depuis 2009, elle écrit particulièrement pour les ados. Chez Actes Sud junior, elle est l’auteur de Peur Express, Rêves en noir, Un hiver en enfer, Un jour j’irai chercher mon prince en skate et Le Domaine. Elle réside aujourd’hui à Pézenas.

Y a pas de héros dans ma famille !, Jo Witek, Actes Sud Junior, 2017 (133 pages)

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