L’île des chasseurs d’oiseaux

Marqué par la mort récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod est envoyé sur son île natale de Lewis car un meurtre vient d’y être commis selon la même mise en scène que celui sur lequel il enquête à Edimbourg. La tempétueuse îl de Lewis, au Nord de l’Ecosse, semble sortie d’un autre temps : on se chauffe à la tourbe, on pratique le sabbat chrétien, on parle la langue gaélique. D’autres traditions particulières y perdurent, comme cette expédition organisée chaque été, qui conduit un groupe d’hommes sur l’îlot rocheux inhospitalier d’An Sgeir où ils tuent des milliers d’oiseaux nicheurs destinés à la consommation. Dix huit ans auparavant, Fin a participé à ce périlleux voyage initiatique. Il a ensuite quitté l’île et n’y est jamais revenu. Retourner là-bas, c’est retrouver un ami d’enfance, un premier amour, quelques camarades d’école de sinistre mémoire ; c’est surtout prendre le risque de laisser surgir les souvenirs, de découvrir à quel point on n’a rien oublié…


Mon avis : 

Quand j’ai commencé cette lecture, je cherchais un roman policier sombre, avec une part importante de psychologie dans le style de Maxime Chattam ou les aventures Key Scarpetta de Patricia Cornwell. Sur le conseil d’un libraire, j’ai donc lu L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May. Et bien, je reste partagé entre déception et surprise à la fin de cette lecture.

Peter May nous invite sur l’île de Lewis situé dans un archipel au Nord de l’Écosse. C’est un endroit où les autochtones, bien conscient de vivre au XXI siècle, ont conservé leurs vieilles traditions, les plus amicales comme les plus sombres. Notamment le rite initiatique qui fait des garçons des hommes : le passage obligé d’une quinzaine de jours sur un rocher à quelques milles de leur île pour tuer deux milliers de fous de bassans pour leur consommation propre.

sans-titre

La couverture me plaisait pas mal. Bien qu’au premier coup d’œil, on ne comprend pas bien le rapport entre le titre et l’illustration. Il faut en fait se pencher sur une note et l’on apprendra que le titre original était Blackhouse (je vous laisse lire le livre, sinon je vous dévoile une part de l’histoire). Du coup, cette masure sombre, peignant un climat inquiétant, limite dangereux, prend tout sens.

Le prologue m’a de suite atteint. Plongé directement au cœur de l’action, on assiste à la découverte de la scène de crime de la manière la plus glauque possible (je ne vous dévoile rien, c’est un roman policier). Et puis… Bah, j’ai eu du mal à lire au début. Les premiers chapitres sont très longs. Peu d’action, et pour le coup, bien souvent éloigné de l’enquête du meurtre. C’est arrivé au second tiers de l‘histoire que j’ai compris où Peter May voulait en venir.

Plus qu’un roman policier, il s’agit en fait là du parcours d’un homme que le passé va rattraper durant une enquête de police. Fin Macleod est un personnage très bien travaillé. C’est un protagoniste sombre, aigri, voir carrément dépressif. En arrivant sur l’île qu’il a quittée dix-huit auparavant, il va devoir faire face à ses amis qu’il a abandonnés sans un mot, à son premier amour avec qui il a gâche les chances d’un avenir radieux et au lourd secret qui le hante inconsciemment puisqu’il l’a occulté de sa mémoire. Et se confronter de nouveau aux travers de l’île comme l’alcoolisme, le chômage, le sectarisme homme-femme…

Si les chapitres sont si longs, c’est que Peter May décrit tout. Mais alors tout ! Je suis persuadé qu’on pourrait l’adapter au cinéma tellement il y a de détail. Si cela rend les chapitres parfois lourds, ils n’en reste pas moins intéressant pour comprendre l’univers parfois glauque de l’île et de ses habitants. On comprend dès lors petit à petit pourquoi Fin a voulu quitter son île malgré que l’on essaye de l’en empêcher.

Ce que j’ai en revanche beaucoup apprécié, c’est l’alternance des chapitres insufflant une bonne dynamique. En effet, un chapitre sur deux Peter May nous raconte l’histoire comme un lecteur omniprésent, puis Fin Macleod prend lui-même la parole nous plongeant dans sa mémoire. A sa manière, il nous partage sa remise en question. La plume de Peter May reste simple à lire. Les quelques mots en gaélique sont vite expliqués. Enfin, si vous vouliez participer à l’enquête et réfléchir par vous-même, passez votre chemin : l’intrigue est relativement simple à comprendre et dès la moitié du roman, je devinais largement la fin.

En bref, ce premier roman de la Trilogie Ecossaise me laisse un peu sur ma faim. Une intrigue moyenne, de très longs chapitres (c’est affaire de goût après, mais je ne suis pas très fan) mais heureusement, une dimension psychologie très soignée dont je me suis délectée.

Retrouvez L’île des chasseurs d’oiseaux ici !

Installé dans le Sud de la France, l’Ecossais Peter May est l’auteur de nombreux romans policiers, notamment d’une série chinoise à grand succès. Son œuvre est publiée en France par les éditions du Rouergue, où l’on peut lire sa Trilogie écossaise : L‘île des chasseurs d’oiseaux, L’Homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu (Prix Polar international de Cognac)

L’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May, Editions du Rouergue, 2009 (425 pages)

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