Huis clos au manoir des soupirs

Edmond Boicejac a rassemblé dans son manoir dix personnes au passé trouble. Les invités imaginaient naïvement que le jeu du week-end consisterait à improviser une intrigue policière à partir d’éléments fournis par l’auteur de polars… Or les motifs d’angoisse vont bientôt s’accumuler. Non seulement Boicejac s’est vanté de les avoir attirés dans un piège encore imprécis, mais l’une des femmes disparaît dès la première nuit. Enfin, des chutes de neige inquiétantes isolent les participants dans un huis clos où la tension monte rapidement au fil des rebondissements… Alors, qui est véritablement Edmond Boicejac ? Un brillant romancier inspiré par ses crimes passés ? Un maître du jeu imprudent pris à son propre piège ?… Ou un illusionniste prodigieux ?


sans-titre1

Dans le cadre d’un service presse avec L’ivre Book (Merci Lillian !), j’ai le plaisir aujourd’hui de vous proposer un focus sur Huis clos au manoir des soupirs de Simone Chanet-Munsch.

Commençons par un petit tour sur l’illustration de Vael Cat. Une vallée lugubre, au sein de laquelle se dresse fièrement un manoir au beau milieu d’une forêt de sapin harcelé par la neige et un épais brouillard. Les ton bleu et noir sont sans appel : nous allons entrer dans un univers sombre et inquiétant. Et bien malgré que le livre soit classé dans le genre « humour » de la collection Enigma, l’illustration annonce bien l’ambiance.

Edmond Boisejac est un auteur de polars à succès. Par envie malsaine, ou pour réaliser un gros coup de communication, l’auteur lance un concours d’un nouveau genre à l’occasion de la sortie de son nouveau roman. Il propose de sélectionner dix candidats qui participeront à une murder party dans son manoir récemment acheté. Mais ce qui devait être un jeu va rapidement tourner à une angoissante entreprise lorsque les participants commencent les uns après les autres à disparaître ou mourir pour de vrai ! Que se passe-t-il réellement ? D’autant qu’Edmond Boisejac ne semble pas montrer le moindre signe d’intérêt aux événements tragiques qui se déroulent sous son toit.

Simone Chanet-Munsch reprend ici un concept déjà utilisé à plusieurs reprises. Certes. Mais son talent d’auteur fait de ce roman une indéniable lecture de qualité pour moi. Tout commence dans le choix des personnages. Tous sans exceptions sont habillement travaillés. Dans le style du Cluedo, nous retrouvons parmi les candidats un voleur, un homme politique corrompu, une grande actrice en perdition, deux animatrices au passé de délinquantes, une Turque et une aide-soignante au passé sanglant, un médecin tourmenté et un évadé de prison. Et au milieu de ce beau monde, un type sans histoire et Edmond Boisejac. Chacun est arrivé au manoir avec l’intention de remporter le prix de l’auteur. Mais à mesure que le jeu progresse, le passé de chacun va resurgir. Avec un certains humour, les protagonistes vont devoir choisir : se libérer de leur poids ou bien mourir avec ?

Cette partie de Cluedo est rondement bien mené par l’auteur. Régulièrement, on assiste comme dans le jeu à un « je soupçonne un tel, dans la pièce, avec telle arme ». De ce fait, je me voyais réellement mené l’enquête de mon côté pensant trouver l’assassin avant la fin du livre. Mais s’eût été sans compter le génie de Simone Chanet-Musch. Car au moment où l’on pense parvenir à notre fin, la réalité et l’irréel se mélangent. Si bien que l’on est perdu et pris au piège comme les personnages. Et comme eux, inconsciemment, on se rapproche de certains en espérant qu’ils ne leur arriveront rien. Mais là encore, de sombres surprises, nous sont dévoilées. Simone Chanet-Musch joue avec nos sentiments, et elle le fait très bien.

Outre cela, son écriture est très agréable à lire malgré quelques maladresses. Alors certes, le début de l’histoire est assez compliqué dans le sens où il faut faire avec de nombreux personnages, et l’on peut s’y perdre. Mais de temps à autre, ils se retrouvent tous dans le grand salon pour faire un point, ce qui aide beaucoup. Du reste, l’énigme est bien menée, sans aucune erreur. Les descriptions sont dosées pour installer une ambiance de suspens, à la limite du supportable parfois.

En ce qui me concerne, je ne peux que vous incitez à le découvrir. Adepte des jeux de meurtre ou des histoires à rebondissement inattendue, foncez, vous ne serez pas déçu. Car la fin va vous laisser dans l’expectatif. 

Retrouvez Huis clos au manoir des soupirs ici !

Simone CHANET, épouse MUNSCH a fait la plus grande partie de ses études à CLERMONT-FERRAND : scolarité secondaire classique (latin-grec) au lycée Jeanne d’Arc, classe préparatoire scientifique au lycée Blaise Pascal, puis formation universitaire pour devenir professeur de mathématiques. À cette époque, entre 16 et 24 ans, elle écrit un recueil d’une quarantaine de poèmes et un conte. Elle a enseigné pendant huit ans au lycée Simone Weil du Puy en Velay, jusqu’à son mariage en 1978, puis vingt-trois ans à Marseille. Elle a toujours consacré beaucoup de temps à la lecture, tout en entretenant l’envie d’écrire à travers la création de plusieurs œuvres de fiction. Mais c’est surtout depuis une dizaine d’années qu’elle écrit les romans ainsi élaborés. Dix sont terminés, d’autres en cours de gestation.

Huis clos au manoir des soupirs, Simone Chanet-Musch, L’ivre-book, 2017 (439 pages)

2 commentaires sur « Huis clos au manoir des soupirs »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s