Ronces Blanches et Roses Rouges

Sirona et Eloane vivent paisiblement dans la chaumière de leur tutrice Mme Whitecombe, jusqu’au jour où la vieille femme impose un mariage à l’aînée, qui préfère s’enfuir. Au cœur de la forêt semblant s’étendre à l’infini, Sirona devra faire face à l’ours qui hurle dans son sillage depuis son enfance et elle fera la rencontre d’un mystérieux pianiste qui tisse une toile composée de mélodies enivrantes dans son château biscornu où la nuit est synonyme de toujours. Cernée par une tourmente sans nom, une promesse naît, palpitante et inéluctable : revenir chercher sa petite sœur restée aux griffes de la sorcière et de l’affreux nain, qu’importe ce qu’il en coûtera.


Mon avis :

J’ai le grand plaisir de vous présenter aujourd’hui, avant sa sortie officielle le 27 février 2017, le nouveau roman de Laetitia Arnould, Ronces Blanches et Roses Rouges aux éditions Magic Mirror. Je commencerai par remercier la maison d’édition pour ce magnifique Service Presse et pour le professionnalisme dont elle fait preuve.

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Allez, partons de l’autre côté du miroir et arrêtons-nous un moment sur l’illustration de Mina M. Mais que c’est beau ! Un château mystérieux au cœur d’une nuit cotonneuse fait l’objet de toute l’attention d’une jeune femme perdu sous la neige. Des ronces blanches parsemées de rose rouge rassurent un peu l’atmosphère par leur couleur féerique. Le titre reprenant le tout nous invite à découvrir (ou redécouvrir pour d’autre) dans une nouvelle version, l’aventure de Blanche-Neige et Rouge-Rose des frères Grimm.

Sirona et Elona sont deux sœurs (a priori), orphelines, mais qui ont eu la chance de trouver un amour réconfortant auprès de leur tutrice, Miss Withecombe. Cette dernière va cependant changer du tout au tout lorsqu’un événement va la rattraper. Elle va s’efforcer de séparer les deux petites en arrangeant le mariage de l’aînée avec… Il faudra le lire. Vous découvrirez alors comment derrière autant de bonté a pu se cacher de vils dessins. Mais également que l’amour pour un être cher peu réveiller le courage qui sommeille en chacun de nous et que le pardon est toujours possible.

Laetitia Arnould a su me tenir en éveil toute une nuit. Sa plume légère et magique permet de voyager dans son univers féerique avec une très grande facilité. Les actions s’enchaînent de manière cristalline, l’univers magique et ténébreux et justement dosé.
J’ai beaucoup aimé la forme du texte. Un chapitre n’est pas qu’une simple succession de phrases relatant une histoire pour l’auteur. Un chapitre, c’est vivant. Les titres de chacun sont suivis d’une idée presque philosophique, d’une vérité, comme une morale ou un judicieux conseil que l’on donnerait à nos enfants. Puis ils sont animés, expliqués au travers du conte. Des yeux qui sont le reflet de l’âme à la véritable nature du mensonge ou de la lumière, Laetitia Arnould met en avant des idées bienveillantes.

En ce qui concerne le conte en lui-même, quel régal. Les deux sœurs sont savamment travaillées. On retrouve comme dans le conte original, une dualité dans l’unité des sœurs indiscutables. A la fois touchante et désarmante.
A mesure que l’on avance dans l’histoire, Sirona, qui au début me courait doucement sur le haricot avec son manque total de rêverie et d’optimisme, va se révéler être une jeune femme pleine de courage, que rien ne peut ébranler si tant est qu’elle prenne confiance.
Concernant Elona, je suis tombé sous son charme dès le début. Petite fille joviale, qui voit le bien partout, va finalement apprendre auprès de sa grande sœur que la confiance ne peut être accordée à tous, et qu’un brin de méfiance n’est pas une si mauvaise chose pour se préserver.
En revanche, un peu déçu de leur mère. Elle avait un beau rôle protecteur au début, puis est presque abandonnée par la suite. Bien qu’elle soit un rôle secondaire, je m’attendais à un peu plus d’implication de la part de ce personnage dans la résolution de l’intrigue.
Du côté des méchants, rien à dire. Une sorcière des contes de Grimm comme il n’en existe nul par ailleurs, mais légèrement modernisé. Exit le chapeau pointu et les doigts crochus !

Vous l’aurez compris, Ronces Blanches et Roses Rouges s’inscrit dans la ligne éditoriale de Magic Mirror en reprenant un conte de notre enfance. Dans le cas de ce récit, pour ceux qui connaissent, vous retrouverez aisément l’histoire de Blanche-Neige et Rouge-Rose. En revanche pour les autres pas de panique !
Personnellement, je ne connaissais pas du tout ce conte. En lisant ce récit, je me disais que ça aurait été bien d’avoir le texte original. Hé bien, vous savez quoi ? Ils ont pensé comme moi ! Ou j’ai pensé comme eux… Très bonne idée d’avoir mis à la tout fin du livre le conte dans sa première version !
Bien malgré tout, il m’a semblait retrouvé un peu de l’histoire de la Belle et la Bête. Un grand château, une grande table à laquelle une jeune femme mange seule tandis que son hôte (Une bête…?) au caractère misogyne et amoureux de la musique… Quelques ressemblances tout de même. Mais pour être plus exacte, l’auteure a signé personnellement ce roman au travers de la musique, grande fan de cet art qu’elle est.

Je finirai ce petit tour d’horizon sur la grande facilité pour tous de le lire malgré une maladresse. Hé oui, il fallait bien que j’en trouve une. Soit Sirona n’écoute pas quand on lui parle, soit elle n’est vraiment pas futée pour comprendre qu’un cri d’ours peut être bestial.

En ce qui me concerne, c’est un coup de cœur magique que cette première publication et ce premier roman. Laetitia Arnould impose une quantité de magie de qualité de l’autre côté du miroir. 

Retrouvez Ronces blanches et roses rouges ici !

Il était une fois … Une petite fille qui rêvait de magie et qui s’amusait à créer des univers faits de merveille et de féerie. Celle qui se plaisait à inventer des histoires pour son petit frère ne perd pas son amour pour les livres et les belles phrases au fil des années : elle le cultive, elle écrit beaucoup, elle s’abreuve de légendes, bercées par les terres de caractère qui marquent sa vie : l’Italie où prennent ses racines, les montagnes vosgiennes qui l’ont vu naître et la Bretagne qui l’a adoptée. Laetitia Arnould, dont le prénom signifie « joie » en latin, est aujourd’hui une auteure/illustratrice pétillante et prolifique dont la plume douce et enchanteresse plonge les lecteurs au cœur d’intrigues aussi raffinées que palpitantes, toujours teintées de cette magie particulière qui la caractérise.

Ronces blanches et roses rouges, Laetitia Arnould, Magic Mirror, 2017 (244 pages)

5 commentaires sur « Ronces Blanches et Roses Rouges »

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