L’héritière de la Nouvelle-France

Pour solder une ancienne dette de famille, l’armateur et corsaire le plus fortuné de Saint-Malo, Arnaud Magon de Beauchesne, doit se rendre en Nouvelle-France (actuel Québec) afin de ramener les héritiers du comte moribond Sosthène Liffré de Kernilis, qui avait chassé son fils pour lui avoir désobéi. Il rembarque avec les enfants de ce dernier, devenus orphelins: une jeune fille de 17 ans qui n’a pas froid aux yeux et son jeune frère de 13 ans, un être fragile qu’elle protège comme une mère.


Mon avis :

L’héritière de la Nouvelle-France n’est pas une romance. Ce n’est pas non plus un roman historique. Ni une aventure. Non. En réalité, L’héritière de la Nouvelle-France de Rose Morvan aux éditions Something Else Editions, c’est tout ça à la fois. C’est une aventure qui donne naissance à une romance dans un décor historique. C’est mon coup de cœur de Février !
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Et ce coup de cœur commence dès l’illustration. Ce bâtiment voguant sur l’eau n’est pas sans rappeler les navires marchands bretons du XVIII. Au premier plan, une jeune femme à l’apparence libre, sa robe reprenant les couleurs du champ, semble communier avec la nature. Enfin, la calligraphie du titre, et le titre en lui-même par le patronyme de Nouvelle-France (l’actuel Québec) nous invitent tout doucement à plonger dans une période de l’histoire parfois méconnue, celle de la fin du XVIII siècle, quelque part en Bretagne.

Arnaud Magon de Beauchesne est un armateur de Saint-Malo, et accessoirement, un corsaire du roi. Homme de principe et de valeur, il se voit confier une mission pour payer une dette familiale. Il doit se rendre en Nouvelle-France afin de ramener les héritiers du plus important comte de Bretagne, sur le point de rendre l’âme. Ce dernier ayant renié son fils, parti s’installer en Nouvelle-France, pour désobéissance. Ce qui devait être une mission simple sera un véritable challenge arrivé en Nouvelle-France. Comment retrouver cette descendance de l’autre côté de l’Océan ? Et s’il y parvient, acceptera-t-elle de le suivre sans un mot ?

Ce roman aurait pu être quelconque. Mais c’était sans compter sur Rose Morvan qui m’aura conquis une seconde fois.

À travers le personnage d’Arnaud Magon de Beauchesne, l’auteure nous invite à participer à l’aventure qu’est la vie d’un corsaire. Nous allons voguer, découvrir les routes commerciales et les trésors de l’époque, vivre les bonheurs et les malheurs de l’Atlantique. J’ai beaucoup aimé ce personnage. Homme d’une moralité indéfectible, il est cependant tiraillé entre ce qu’il veut et ce que les convenances imposent.

Athénaïs (la jeune fille de 17 ans) est quant à elle un personnage haut en couleur, auquel je ne m’attendais vraiment pas dans ce genre de roman. Ayant vu le jour et élevée en Nouvelle-France, elle ignore les mœurs françaises du XVIII. Arrivé à Saint-Malo, c’est le choc des cultures. Il est intéressant une fois de plus de noter comment l’auteure retranscrit avec minutie les us et coutumes qui font que comme Athénaïs, nous ne saurons pas où tout cela va la mener.

L’écriture est harmonieuse. Je me suis facilement laissé bercer par le flot des mots qui me faisait voyager de Bretagne à Québec. Traversant deux mondes, deux cultures, j’ai été pris par la passion que pouvait se dégager des personnages malgré leur dualité. La réussite de ce roman en mon sens tient également dans les nombreux rôles secondaires sans qui une vision de l’histoire de Bretagne n’aurait pas eu de sens. Entre domestique, palefrenier, coursier, magistrat, baron, commerçant, marin, comte… Presque toutes les classes sociales sont représentées nous permettant de dresser un portrait assez fidèle de la vie d’en temps.

Le petit plus de ce roman, c’est le chapitre interdit. Je n’avais jamais vu un épilogue proposé de la sorte. Très bonne idée ! Je n’en dis pas plus, car il en vaut vraiment le détour et vient signer l’œuvre parfaitement !

Et si malgré les complots, les médisances, l’éloignement culturel, la naïveté, les traditions d’une France où la place de la femme reste à faire et l’insouciance juvénile une romance pouvait naître ?

Retrouvez L’héritière de la Nouvelle-France ici !

Rose Morvan écrit depuis son adolescence, mais elle a franchi le cap de l’édition en 2014, seulement. Dans ses tiroirs, dorment encore des histoires rédigées dans des cahiers, et depuis elle ne peut plus s’arrêter. Très attachée à sa Bretagne, – dont une partie coule dans ses veines –, à ses tempêtes, à son histoires et à ses légendes, elle situe l’intrigue de certains de ses romans dans cette région. Rose Morvan écrit pour la beauté de la langue française. Travaillant beaucoup son  style, son vocabulaire, ses phrases afin d’offrir un ensemble de sonorités harmonieuses. Son premier succès est Deuxième Chance, paru en mai 2014, chez HQN. Mais c’est sans compté sans ses autres œuvres, notamment A corps et à cœurs en auto-édition.

L’héritière de la Nouvelle-France, Rose Morvan, Something Else Editions, 2017 (399 pages)

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