Après le silence

Quand on parle de moi, il y a toujours l’usine. Pas facile de parler d’autre chose. Dans un monologue destiné au plus jeune de ses fils, Louis Catella se dévoile. Mouleur syndicaliste aux Fonderies et Aciéries du Midi, il s’épuise dans la fournaise des pièces à produire et le combat militant. Il raconte aussi la famille, l’amour de Rose, le chahut des garçons, les efforts rageurs pour se payer des vacances…. Une vie d’ouvrier, pas plus, pas moins. Jusqu’au grand silence du 16 juillet 1974. Louis meurt accidentellement. Et pourtant l’impossible monologue se poursuit, retraçant la vie sans père de ce fils qui n’avait que sept ans au moment du drame. Partagé entre le désir d’échapper à ce fantôme encombrant dont tout le monde tisse l’éloge et la peur de trahir, c’est à lui maintenant de devenir un homme. 


Mon avis : 

Dans le cadre de mon fil rouge 2017, Prix Lire En Poche de Littérature Fraçaise, je vous présente aujourd’hui Après le Silence de Didier Castino aux éditions Liana Levi.

Sans titre

J’étais assez pressé de lire ce roman. Le sujet donné par la quatrième de couverture m’a interpellé. L’illustration a eu aussi son rôle. Simple et sobre que je les aime, elle impose le sujet de notre prochaine lecture : l’usine !

Mais Après le silence, c’est… du silence ! Je ne vais pas tergiverser, mais j’ai été très déçu par cette lecture malgré enthousiasme du sujet.

Louis Catella est un ouvrier de France au moment des événements (comme qu‘il dirait l’autre). Un ouvrier, oui. Mais un ouvrier mort. Laissant derrière lui trois orphelins de père et une femme qui meurt un peu ce jour-là aussi. Au travers d’un monologue, Louis Catella veut expliquer à son fils sa vie, sa mort, ses conditions de travail. De ce fait, par la même occasion, il nous offre l’opportunité de lever une partie du voile qui s’est déposé sur les événements des années 1960 à 1980 en France. Cette France ouvrière, mais pas que… c‘est aussi une France étudiante, une France qui redéfinit la place de la femme dans la société, une France dont la politique n’apporte plus rien, une France qui va finir par retracer les contours des us et mœurs de ses habitants. Pour le grand curieux que je suis, j’ai appris certaines pratiques d’un autre temps. Mais l’émerveillement face à ce livre s’arrête là pour moi.

Pour rebondir à ma dernière remarque, je pensai m’attendre à un début d’explication sur le pourquoi nous en sommes arrivés aujourd’hui là où nous en sommes. J’ai toujours entendu dire autour de moi « depuis 68, c’est devenu comme ca« , « c’est la faute à 68…« , « 68, l’année du changement ». Dans ce roman, j’apprends beaucoup sur la condition ouvrière et familiale. Mais trop peu dans le domaine social en général et politique. Et la raison, j’accuse le style adopté par l’auteur.

Le choix du monologue m’avait laissé perplexe au début, mais pourquoi pas. Sauf lorsque le monologue dure plus de deux cent cinquante pages. C’est clairement indigeste. Autant dans sa forme que dans son style. Répété, une phrase ou une expression pour accentuer un effet de dégoût, d’angoisse, de regret ou de peur, j’adhère totalement. Mais l’auteur abuse beaucoup trop de cet effet qui, pour moi, inhibe notre intérêt pour le sujet.

Du coup, je n’ai même pas compris la construction du livre. Je n’y ai pas trouvé de squelette si bien que la lecture est très compliquée. Je m’y suis mis à plusieurs reprises, me faisant violence, pour ne pas abandonner la lecture.

Les personnages sont, quant à eux, très creux. Je n’ai même pas eu un semblant de compassion pour Louis. Pour être tout à fait objectif, j’ai eu un semblant d’attachement au cadet de la famille a qui l’on va mentir sur tout ce qui attrait à la mort de son père. Comme si mentir était LA solution pour qu’un enfant de sept ans puisse se construire.

Alors n’étant pas de nature à dire qu’il ne faut pas lire tel ou tel livre, je vous invite à le découvrir et à partager votre avis avec moi. Je suis curieux d’avoir des retours… positifs qui sait !

Retrouvez Après le silence ici !

Didier Castino est professeur de lettres à Marseille. Après le silence à reçu le Prix du Premier roman 2015 et le Prix Eugène Dabit 2015.

Après le silence, Didier Castino, Liana Levi, 2015 (261 pages)

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