Effroyable Porcelaine

Sibylle Delombre est une collégienne ordinaire. Enfin, si l’on considère qu’il est ordinaire de décorer sa chambre avec des ossements, des peluches chauves-souris, des schémas de dissection et des grimoires. Oui, Sibylle aime bien l’étrange et le mystère. Ainsi, elle a de quoi se réjouir lorsque sa mère lui propose de l’accompagner pour débarrasser un vieux château. Mais tous les objets bizarres qu’elle rêvait d’y découvrir ne sont rien en comparaison de la splendide poupée en robe noire, aux cheveux argentés comme un clair de lune, qu’elle trouve dans une chambre et qu’elle s’approprie aussitôt, séduite par sa beauté vénéneuse. Et si les cauchemars qui se mettent alors à hanter les nuits de Sibylle avaient un lien avec elle ? Et si cette poupée, aux yeux violets, au regard aussi triste que cruel, n’était pas inoffensive ? Quel terrible secret renferme l’effroyable porcelaine ?


Mon avis : 

Il y a quelques jours, je vous présentai Les larmes de l’araignée de Pascaline Nolot. Tout comme ce roman, j’ai acquis l’Effroyable porcelaine de Vincent Tassy aux Editions du Chat noir lors du Salon du livre de Paris 2017. Autant le premier m’avait laissé un peu mitigé, autant celui-là est un véritable coup de cœur dans sa catégorie.

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Et tout comme Les larmes de l’araignée, ça commence avec l’illustration de la couverture. Cette poupée est si belle avec son air angélique. Des fins cheveux vaporeux dans lesquels des morceaux d’étoiles se sont accrochés couvre un visage gracile, doux et calme. Mais ne vous y méprenez pas. Ses yeux envoûtant semblent néanmoins vouloir transpercer votre âme ! L’ambiance devient vraiment étrange au regard de ce violet si intense, mêlant plénitude et préoccupation. Une fois de plus, Mina M. réalise un travail d’orfèvre pour une histoire exaltante.

Une histoire qui commence dès la première page. Première page qui va vous transporter dans une ambiance sombre et inquiétante. Puis sans crier garde, le lecteur est propulsé dans un second univers en compagnie de Sibylle. C’est une jeune fille comme toutes les jeunes filles de son âge sinon qu’elle aime tout ce qui est étrange, vieux, cassé et le noir. Fille d’une mère spécialisée dans l’évacuation des derniers effets d’une bâtisse, elle va vivre une aventure singulière dès lors qu’elle va rencontrer une poupée. La Poupée ! Terreur nocturne, objet qui se déplace sans les voir, une poupée qui pleure,… Mais qui est cette porcelaine ? Que cachent ces yeux violets sur un visage si innocent ?

Du début à la fin, je ne me suis pas ennuyé. Alors oui, une grande partie des actions est cousue de fil blanc (et pas de l’araignée), mais l’intrigue n’est si pas facile à résoudre. De nombreux rebondissements à différentes intensités rendent la lecture vivante.

Les personnages sont, dans l’ensemble, très bien travaillés. Le duo formé par Sibylle et son meilleur ami est très ingénieux puisqu’il forme la réponse à l’histoire sans que le lecteur ne la perçoive jusqu’à la dernière page ! Quant à la poupée, j’avais l’impression de me retrouver face à un Chuky pour enfant. La présence des rôles secondaires, bien que peu présents dans l’histoire, est judicieuse. Elle permet en effet de poser l’histoire dans la réalité, d’apporter à leur manière un soutiens et non de proposer une histoire fantastique où seuls des enfants pré-pubères en seraient les héros.


Du point de vue de l’écriture, la lecture se fera sans trop de peine. Bien que la présence d’un adulte soit requise pour certains. Les plus jeunes auront dans leur main leur premier grand roman pour connaître le frisson d’une lecture qui tient en haleine tant la tension et l’angoisse sont présents.
Mais surtout, ils auront également l’opportunité de lire un premier roman engagé sur des sujets importants qu’ils seront en âge de rencontrer, comme la tolérance, le mépris au sein d’une famille ou d’une école et l’importance de s’accepter comme on est.

Enfin, je terminerai sur une mention toute spéciale pour les illustrations qui sont un véritable régal pour les yeux.

 

Retrouvez Effroyable porcelaine ici !

Vincent Tassy est né en 1989. Il vit actuellement en Savoie. Outre son métier de professeur de lettres, il est rédacteur pour Obsküre Magazine et musicien dans le groupe Angellore. En février 2012, il publie Pour Oublier les Chrysanthèmes, sa première nouvelle, dans la revue La Salamandre. En juin 2013, il obtient le Prix Merlin 2012 de la nouvelle pour Mademoiselle Edwarda qui figure au sommaire de l’anthologie Vampire Malgré Lui (Éditions du Petit Caveau). Son premier roman, Apostasie, qui mélange vampires, fantasy et horreur dans une atmosphère mélancolique, paraît aux éditions du Chat Noir en avril 2016. Il travaille actuellement sur la traduction d’un texte de science-fiction et sur son prochain roman, entre autres nouvelles et compositions musicales.

Effroyable porcelaine, Vincent Tassy, Edition du Chat Noir, 2017 (190 pages)

2 commentaires sur « Effroyable Porcelaine »

  1. Tu m’as donné envie de le lire pour être honnête ! Il ne m’attirait pas tant que ça à cause du cliché de la collégienne qui aime le noir et la dissection, ce qui est glauque, etc… Mais néanmoins, je ne vois que des avis positifs sur ce livre ! 🙂

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    1. Hé bien si au début on retrouve rapidement ces clichés, ils tendent à disparaître en cours de route pour laisser place à une adolescente pris dans une fin à la Ca pour enfant 😉

      Ravi de te faire tenter cette lecture !

      J'aime

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