Les carnets de Pauline Thot

1999. Pauline étouffe dans sa petite ville de province. Introvertie et malmenée en classe, elle ne revit que pendant les vacances en Corse, où elle se découvre à la fois désirable et vulnérable. Pour assouvir sa soif de liberté, elle se révoltera tour à tour contre l’autorité, les hommes et la société. Dans ses carnets, Pauline raconte à la première personne sa lutte solitaire contre la honte et la culpabilité qu’elle ressent dans sa construction en tant que femme dans un pays où leur condition et leur sexualité posent toujours problème. Avec son « Je », elle joue à se moquer de tout pour ne pas souffrir. Véritable journal de société, ce récit riche et sensible témoigne de la difficile transformation d’une adolescente en adulte, dans une fin de siècle ponctuée par de profondes mutations technologiques et sociétales. C’est en partageant son vécu qu’on s’attache à l’héroïne, à son histoire, et à son parcours.


Mon avis :

Les carnets de Pauline Thot m’ont été proposé par son auteure, Rébecca Brocardo que je remercie avant toute chose. Et avant de parler de son contenu, j’aimerai faire un clin d’œil à la couverture, qui, si elle ne parle pas beaucoup au premier abord, est juste magnifique visuellement.  couv31022150

Cette lecture a été dans l’ensemble agréable. Le lecteur se trouve face à une compilation de cinq carnets. Cinq carnets de note dans lesquels Pauline Thot vous livre ses réflexions, ses ressentis de la société – notamment masculine – et ses déboires durant les trois grandes périodes d’une femme : l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte. Ajouté à ce format l’emploi d’une double narration entre le « je » de Pauline Thot et celle d’un(e) narrateur(trice) externe, j’ai apprécié la mise en forme de ce roman qui change un peu. En revanche côté écriture je reste mitigé.

Abordons dans un premier temps l’histoire. A l’heure où la question de la place de la femme dans la société fait débat, Pauline Thot, une jeune fille encore innocente, va se trouver confrontée à l’autorité et aux questions de société. Au fil de ses carnets, on assiste à sa construction en tant que femme par le biais des divers événements marquant de sa vie. Elle abordera ainsi les thèmes de l’amitié, de l’amour, de la sexualité (un peu beaucoup trop à mon goût d’ailleurs), de la place de la femme au travail et face à l’homme. Dans l’ensemble le récit tient la route et fonctionne malgré quelques passages de lecture où j’ai voulu abandonner, la narration se laissant submerger et dérivant un peu trop loin.

Concernant la plume de l’auteure j’adopterai deux positions. La première pour mettre en avant un travail poussé par Rébecca afin de produire un texte presque poétique. La verve employée ne reflète pas un livre de développement personnel de consommation, mais une réflexion personnelle recherchée. Mais parfois un peu trop. Ce qui rend le texte par moment très compliqué soit à comprendre, soit pour en apprécier la saveur.

Cependant, ces passages ont lieu lorsque Pauline rédige ses carnets. La narration extérieur est salvatrice. Elle permet en effet de faire le lien entre les diverses interventions de Pauline, comme pour éclaircir sa façon de voir les choses. Choix judicieux pour moi.

Retrouvez Les carnets de Pauline Thot ici !

Je m’appelle Rébecca, un prénom qui me vient du roman de Daphné du Maurié. Brocardo c’est le nom de ma grand-mère italienne exilée en Corse, où j’ai passé une grande partie de mon enfance. En 2013 j’ai quitté Paris et l’édition musicale pour une autre île : la Guadeloupe, où je travaille comme assistante de production de spectacles. J’aime les échanges artistiques et les rencontres qui donnent un sens à la vie (même si je pense qu’il n’y en a aucun au final). Comme disent les psys, je vis dans une sorte de « surhumanité », au gré de mes affinités électives. C’est en passant la trentaine que j’ai pris conscience d’être née dans un monde qui faisait tomber le mur de Berlin mais qui a relevé toutes sortes de murailles après les twin towers, et ce malgré Internet. On retrouve l’esprit de cette période dans « Les carnets de Pauline Thot », un roman qui a figé ces quelques années dans ses lignes. Un monde a laissé la place à un autre, hyper-connecté. C’est ce que j’aime dans les les livres. Ils peuvent tout faire et on peut en abuser. Contrairement aux passions destructrices, l’écriture ne fait de mal à personne et la lecture ne bousille pas la planète. Repérée lors de la Journée du Manuscrit 2015 pour mon premier essai, j’écris aussi des nouvelles et des chansons, toujours sur les thèmes de la femme, du militantisme et du voyage. Car la femme est l’avenir de l’homme, ne l’oublions pas. Ce qui m’amène à conclure avec une proposition simple : remettons le mot « humain » à la place d' »Homme » dans la langue française. Remettons l’humain au coeur du système. Essayez !

Les carnets de Pauline Thot, Rébecca Brocardo, auto-édité, 2016 (192 pages)

 

Publicités

Un commentaire sur « Les carnets de Pauline Thot »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s